Chrétiens et minorités d'Orient

L'Orient, un vaste territoire 

L'espace concerné comprend au moins le Croissant fertile (Territoires Palestiniens, Jordanie, Irak, Israël, Syrie, Turquie et Liban), la péninsule arabique (Arabie saoudite, Yémen, Oman, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et la vallée du Nil (Égypte). On peut également y ajouter Chypre, la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye et l'Azerbaijan.

Les Chrétiens d'Orient 

Les informations qui suivent sont disponibles sur le site de Portes Ouvertes France, une association créée en 1976 dont la mission est d'informer et d'encourager les chrétiens de France et de Belgique afin qu’ils se mobilisent pour la cause des chrétiens persécutés. Elles vous sont données ici afin de vous informer sur le sujet. Les numéros correspondent au rang de chaque pays au sein de l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2019.

Afghanistan #2
Les chrétiens afghans, qui sont considérés comme des traîtres par leur famille et leur tribu, subissent une énorme pression pour renoncer à leur foi. 
Tous les chrétiens afghans sont d’anciens musulmans. Ils ne peuvent pratiquer leur foi au grand jour. S’ils sont découverts, ils sont souvent tués. Ils sont persécutés par des islamistes et par leur famille qui,  dans certains

cas, les fera même interner dans un hôpital psychiatrique. La famille, le clan ou la tribu doit sauver l’honneur en se "débarrassant" de leur membre devenu chrétien. L’Église afghane est uniquement souterraine. D’après les écrits d’Eusèbe de Césarée, le christianisme est arrivé en Afghanistan avec les apôtres Thomas et Bartholomée au IIe siècle de notre ère, donnant naissance à l’Église Nestorienne. Au XIIIe siècle un dirigeant se convertit à l’islam et le christianisme disparaît petit à petit. Au XVIIe siècle, des commerçants arméniens réintroduisent le christianisme mais ils sont chassés en 1871. En 1973, les chrétiens essaient sans succès d’ouvrir une église à Kaboul.

Libye #3

Alors que le chaos règne en Libye, les chrétiens, quand ils sont découverts, sont victimes d’une extrême violence de la part des islamistes radicaux. Après le renversement et la mort de Mouammar Khadafi en 2011, le pays s’est enfoncé dans le chaos et la violence. Le pays est aux mains de différentes factions qui luttent entre elles pour la suprématie. En mai 2018, un accord de paix et une promesse de prochaines élections ont été signés sous l’égide du président français, mais il n’est pas sûr que cela suffise à ramener la stabilité dans le pays. L’Église est composée à la fois de chrétiens venus de tout le continent, particulièrement d’Afrique Subsaharienne et de Libyens qui ont quitté l’islam pour le christianisme. Les deux dénominations principales sont les catholiques romains et les orthodoxes. On compte aussi quelques protestants. Le niveau de violence envers les chrétiens est très élevé. Les chrétiens d’arrière-plan musulman sont persécutés par leur famille et leur communauté. Les chrétiens venus d’autres parties du continent sont pris pour cible par les islamistes radicaux : ils sont harcelés, enlevés, traités de manière dégradante, violentés, voire sauvagement assassinés. Quiconque parle de sa foi risque d’être arrêté et maltraité. Le christianisme était déjà présent en Libye dès le Ier siècle. Avec l’émergence de l’islam, l’Église a quasiment disparu entre le VIIe et le XIIe siècle. L’Église catholique est revenue dans le pays au XVe siècle, suivie par d’autres dénominations à la fin du XIXe. Chassés pendant la Seconde Guerre Mondiale, les chrétiens non-catholiques ont pu revenir dans le pays dès 1946.

Pakistan #5

Les chrétiens pakistanais, en plus d’être discriminés dans leur quotidien, vivent dans la crainte d’être accusés de blasphème, un délit puni de mort.  République islamique depuis 1947, le pays alterne entre instabilité démocratique et dictature militaire. Actuellement l’armée joue un jeu ambigu contre les extrémistes islamiques en soutenant ceux qu’elle qualifie de « bons » djihadistes. La loi sur le blasphème est source de violence. Le nouveau Premier ministre, élu en juillet 2018, Imran Khan, n’a pas encore réussi à former une coalition. Les églises historiques bénéficient d’une certaine liberté de culte mais elles sont très surveillées et régulièrement la cible d’attentats. Les chrétiens sont discriminés, cantonnés aux emplois les moins bien considérés, même les chrétiens des classes moyennes sont marginalisés. Ils vivent sous la menace constante de la loi sur le blasphème. Ces dernières années, sous l’effet de la persécution, de nombreux chrétiens ont fui vers le Sri Lanka et la Thaïlande. Le christianisme est arrivé dans la région grâce aux apôtres Thomas et Bartholomée, comme le relate l’historien Eusèbe qui vécut au IVe siècle. Cette présence chrétienne se confirme avec l’arrivée des Portugais au XVIe siècle, accompagnés de missionnaires catholiques. Plus récemment, aux XVIIIe et XIXe siècles, le travail des missionnaires protestants a renforcé cette présence chrétienne qui n’a cessé de se développer depuis.

Yémen #8
Au Yémen, les chrétiens souffrent de la guerre civile qui ravage le pays. Ils ne sont pas acceptés en tant que minorité religieuse et rejetés par la société. Le Yémen traverse une crise humanitaire alarmante. Depuis 2012, le pays est en proie à une guerre civile entre les rebelles chiites houthis, soutenus par l’Iran, et le gouvernement sunnite, appuyé par l’Arabie Saoudite. L’ex-président Ali Abdallah Saleh a été assassiné le 4 décembre 2017. Profitant du chaos, des groupes extrémistes comme le groupe État Islamique ou Al-Qaïda gagnent des territoires. L’Église est composée principalement d’anciens musulmans convertis qui pratiquent leur foi dans le plus grand secret. Ils sont persécutés par les autorités, leur famille et par les islamistes radicaux qui les menacent de mort. Dans la crise qui touche le pays, ils sont discriminés dans la distribution de l’aide humanitaire. Le fait de se réunir pour une célébration privée est devenu particulièrement risqué pour les chrétiens, tant dans les zones contrôlées par les rebelles houthis que dans celles qui ont été « libérées » par les forces sunnites soutenues par l’Arabie Saoudite et ses alliés occidentaux. Il existe 3 bâtiments d’églises officiels (2 catholiques et 1 anglican), à Aden dans le Sud, mais ils ont été endommagés par la guerre et ne servent plus. Bien avant l’arrivée de l’islam au VIIe siècle, il y avait des chrétiens (nestoriens) et des églises dans la Péninsule Arabique. Depuis les années 70, le christianisme est réapparu dans la région avec l’arrivée en nombre de travailleurs immigrants venus d’Afrique et d’Asie.

Iran #9

Le régime iranien considère les chrétiens comme une menace et nombreux sont ceux qui sont arrêtés, jugés et condamnés à de lourdes peines de prison. La République islamique iranienne est un régime autoritaire qui ne respecte ni les Droits de l’Homme, ni la liberté religieuse. Le rétablissement des sanctions américaines en mai 2018 a entraîné des manifestations antigouvernementales qui risquent de renforcer encore la pression du régime sur la société, et contre tout ce qu’il perçoit comme une influence occidentale, notamment le christianisme. L’Église iranienne est formée d’églises historiques (arméniennes et assyriennes), d’anciens musulmans convertis et de communautés non traditionnelles comme les protestants évangéliques. Les chrétiens d’arrière-plan musulman sont les plus touchés par la persécution, de la part du gouvernement, de leur famille et de la société. Les responsables chrétiens sont arrêtés, jugés et condamnés à de lourdes peines de prison pour « atteinte à la sécurité nationale ». Les Églises historiques sont reconnues et protégées par l’État mais leurs membres sont traités en citoyens de seconde zone. Au cours des premiers siècles, l’Église était déjà fortement implantée en Iran. Elle a décliné au VIIe siècle avec l’arrivée de l’islam, mais a survécu jusqu’à aujourd’hui. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des missionnaires ont amené le protestantisme dans le pays. Ces dernières années, le nombre de convertis d’arrière-plan musulman est tel que le gouvernement a pris des mesures pour tenter d’enrayer ce mouvement (surveillance, arrestations, menaces…). 

Syrie #11

Dans un pays toujours en guerre, les chrétiens syriens continuent de vivre sous la menace des groupes islamistes dans certaines régions. Après 7 années de guerre civile, l’organisation État Islamique a perdu quasiment la totalité de son territoire et ne contrôle plus que quelques enclaves. La position du gouvernement s’est renforcée grâce à l’aide de la Russie et de l’Iran mais les combats continuent entre rebelles et armée syrienne. Le bilan humain de cette guerre est très lourd en terme de morts, de déplacés internes et de réfugiés. Dans les zones aux mains des groupes islamistes, la plupart des églises historiques ont été démolies ou transformées en centre islamique. Dans les zones contrôlées par le gouvernement, les chrétiens sont moins surveillés pendant ce temps de guerre. La persécution varie selon que telle église ou tel dirigeant chrétien est considéré comme étant du côté du gouvernement ou non. Les chrétiens d’arrière-plan musulman subissent une très forte pression surtout de la part de leur famille. Ils sont plus libres dans les régions kurdes. Dans le Nord-Ouest du pays, des chrétiens d’arrière-plan musulman sont réfugiés dans des camps. Les rebelles islamiques radicaux qui se battent aux côtés des troupes turques ne tolèrent pas les apostats de l’islam et suscitent de vives inquiétudes. Le christianisme est présent en Syrie dès le Ier siècle. L’apôtre Paul s’est converti sur le chemin de Damas. L’Église de Syrie fut l’une des 1res églises chrétiennes, ayant été fondées en l’an 38. Au VIIe siècle les chrétiens connaissent une vague de persécution avec l’invasion arabo-musulmane. En 1350, ils sont devenus minoritaires. En 1915, victimes de massacres, de nombreux Arméniens et chrétiens assyriens fuient la Turquie et trouvent refuge en Syrie.

Irak #13

Dans un Irak encore très marqué par la violence, les chrétiens sont persécutés par les extrémistes islamiques qui veulent les chasser du pays. En Irak, malgré le repli du groupe terroriste État Islamique en 2017, l’État de droit n’est pas respecté et la sécurité des citoyens n’est pas garantie. La corruption ne cesse d’augmenter et les rivalités confessionnelles entre chiites et sunnites continuent de faire rage, que ce soit au niveau parlementaire entre les partis islamiques ou dans la rue entre les milices. En Irak, les chrétiens appartiennent principalement aux églises historiques. Les plus nombreux sont les chaldéens, suivis des catholiques (occidentaux et orientaux) et des protestants. Toutes les dénominations chrétiennes sont fortement touchées par la persécution exercée par les extrémistes islamiques et les autorités. Les chrétiens sont aussi discriminés et souvent, ne portent plus de symboles chrétiens aux points de contrôles, à l’université, sur leur lieu de travail et dans les bâtiments publics de peur d’être harcelés. Les chrétiens d’arrière-plan musulman sont encore plus menacés, ils gardent leur foi secrète sous peine de représailles de la part de leur famille, leur clan et la société. Le christianisme est arrivé dans la région dès les tout premiers temps de l’Église. Au début du XXe siècle, les chrétiens représentaient 30% de la population. Les persécutions et les guerres ont entraîné un important exode. On estime qu’ils ne sont plus aujourd’hui que 225 000.

Arabie saoudite #15

Il n’y a pas de liberté religieuse pour les chrétiens en Arabie Saoudite, ils sont obligés de se réunir en secret les uns chez les autres. Le nouveau dirigeant, Mohammed ben Salman, a donné des signes d’ouverture. Cependant, le gouvernement monarchique maintient un système islamique strict. La culture dominante est opposée à tout ce qui n’est pas lié à l’islam. Tous les sujets du royaume doivent être obligatoirement musulmans. Il n’y a pas de liberté religieuse. Le système législatif islamique s’impose à tous, y compris aux chrétiens étrangers. L’Église est composée majoritairement de travailleurs étrangers venus d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Occident. Il n’y a pas de bâtiment d’église officiellement reconnu. Les chrétiens se réunissent en secret les uns chez les autres. S’ils sont découverts, ils risquent d’être arrêtés et expulsés. La liberté d’expression des chrétiens est inexistante. Les quelques chrétiens d’arrière-plan musulman saoudiens sont en danger de mort. Jusqu’au VIe siècle, on comptait beaucoup de synagogues et d’églises dans la Péninsule Arabique. À partir du VIIe siècle, les Juifs et les chrétiens ont été obligés de se convertir à l’islam, de fuir le pays ou ont été tués. Ces dernières années, le christianisme est réapparu avec l’arrivée d’immigrés chrétiens venus principalement d’Afrique et d’Asie.

Égypte #16

Bien que les chrétiens coptes soient présents depuis le 1e siècle en Égypte, ils sont discriminés et harcelés. La population leur est généralement hostile. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Al Sissi, largement réélu en mars 2018, le pays se retrouve de nouveau avec à sa tête un homme fort issu de l’armée, qui muselle le parti des Frères musulmans et combat l’extrémisme islamique dans le désert du Nord du Sinaï. Il se pose comme le garant de la stabilité du pays et pour ce faire, il n’hésite pas à écraser toute opposition politique. Les chrétiens égyptiens sont très majoritairement coptes mais de nombreuses dénominations sont actives dans le pays. Il existe aussi une petite communauté de chrétiens d’arrière-plan musulman. Les chrétiens ont du mal à construire de nouveaux bâtiments d’église et à réparer ceux existants, d’une part, à cause des restrictions imposées par l’État, d’autre part à cause de l’hostilité que leur manifeste la population. Les chrétiens sont également harcelés et discriminés, particulièrement les femmes, sur leur lieu de travail et dans les lieux publics. Les chrétiens d’arrière-plan musulman ne peuvent pratiquer leur foi ouvertement et subissent une pression énorme pour revenir à l’islam. L’État rend impossible la reconnaissance officielle de leur conversion. L’histoire du christianisme est étroitement liée à l’Égypte puisque le pays est mentionné dès la naissance de Jésus-Christ. L’Église Orthodoxe Copte s’est développée jusqu’à l’arrivée de l’islam au VIIe siècle. Au XIXe siècle, le protestantisme s’est établi dans le pays mais a été perçu comme un mouvement espion de l’Occident.

 

Turquie #26

Les chrétiens turcs subissent une énorme pression due à la montée de l’islam radical et au régime, qui tend de plus en plus vers la dictature. La situation de la Turquie a basculé le 15 juillet 2016 lors du coup d’État manqué à l’encontre du président Erdogan. La réaction du gouvernement a été si répressive que le pays tend vers la dictature menant à des violations perpétuelles des Droits de l’Homme et de l’État de droit. Bien que la Turquie soit officiellement un État laïque, elle est de plus en plus influencée par l’islam radical. La majorité des chrétiens appartient aux églises orthodoxes arménienne, syrienne, chaldéenne et grecque. On compte aussi des catholiques et des protestants. Le nombre d’immigrés chrétiens a fortement augmenté avec l’arrivée de réfugiés. Il y a également des chrétiens turcs d’arrière-plan musulman. Le nationalisme religieux fait peser une lourde pression sur tous les chrétiens, surtout ceux d’arrière-plan musulman qui sont persécutés par leur famille et leur entourage. Certains pratiquent leur foi dans la clandestinité, d’autres sont discriminés par la société. Le christianisme est présent en Turquie depuis l’époque du Nouveau Testament. L’apôtre Paul y a lui-même fondé des églises, très vite persécutées par les Romains. Le christianisme s’est de nouveau développé jusqu’à l’arrivée des Ottomans. En 1915, le génocide arménien et assyrien saigne l’Église. Le Traité de Lausanne de 1923 reconnaît quatre groupes religieux : islam sunnite, orthodoxie grecque, apostolat arménien et judaïsme.

Jordanie #31
Les chrétiens d’églises traditionnelles sont assez libres de pratiquer leur religion, mais ils se mettent en danger s’ils parlent de leur foi à des musulmans. Alors que la famille royale promeut un État moderne et multireligieux, l’armée et la police secrète, elles, surveillent les factions islamiques et les chrétiens. Les défenseurs des Droits de l’Homme accusent le roi Abdallah II d’utiliser le prétexte du terrorisme pour restreindre les droits des citoyens et du Parlement. La majorité des chrétiens sont issus des églises historiques, à savoir orthodoxe et catholique romaine, mais d’autres dénominations, notamment non traditionnelles, sont présentes dans le pays. Il existe également une petite communauté de chrétiens d’arrière-plan musulman. Les chrétiens orthodoxes et catholiques romains bénéficient d’une assez grande liberté religieuse mais sont discriminés sur le marché de l’emploi et sont limités dans l’exercice publique de leur foi. Si un chrétien parle de sa foi à un musulman, il risque d’être frappé, arrêté et tué. Les nouveaux convertis sont persécutés au quotidien. Dès le Ier siècle, des chrétiens se sont installés en Jordanie, fuyant la persécution exercée contre eux à Jérusalem et à Rome. Des églises étaient visibles sur tout le territoire jusqu’au VIIe siècle. À l’époque des croisades, des catholiques et des orthodoxes se sont de nouveau installés dans la région. Le protestantisme, quant à lui, n’est arrivé qu’au XIXe siècle.

Qatar #38

Les chrétiens étrangers n’ont pas le droit de parler de leur foi, et les chrétiens qataris subissent une forte pression pour revenir à l’islam. Le Qatar est une monarchie absolue. 80% de la population est constituée d’immigrés. Le travail forcé et la traite des êtres humains sont devenus des problèmes majeurs dans ce pays qui se prépare à accueillir la Coupe du monde de football en 2022. Le wahhabisme, version stricte et puritaine de l’islam, est la religion officielle. Le droit de la famille est fondé sur la charia. Quitter l’islam est interdit. Les chrétiens se répartissent en deux groupes bien distincts : d’une part les chrétiens étrangers, d’autre part les chrétiens d’arrière-plan musulman. Le 1er groupe est le plus important. Ces chrétiens sont majoritairement catholiques et l’État les autorise à se réunir mais uniquement dans des lieux officiels hors de la capitale Doha. Ils n’ont pas le droit de parler de leur foi avec des musulmans sous peine d’être bannis du pays. Les chrétiens d’arrière-plan musulman (autochtones ou immigrés) sont eux les plus persécutés. Ils sont discriminés, harcelés, surveillés par la police et menacés. Leur famille et leur communauté font pression pour qu’ils renient leur foi. Le christianisme était présent dans le Golfe Persique du IVe au IXe siècle, mais avec l’arrivée de l’islam, il a fini par disparaître. Il est réapparu il y a à peu près un siècle avec l’arrivée de travailleurs immigrés suite à la découverte de pétrole dans le pays.

Koweït #43

Les chrétiens koweïtiens n’ont pas le droit de fréquenter les églises des travailleurs immigrés et subissent d’énormes pressions pour revenir à l’islam. Le Koweït est l’un des plus petits et des plus riches pays du monde arabe. Plus de la moitié de ses habitants sont des expatriés, dont les droits ne sont souvent pas respectés. Si la liberté religieuse est inscrite dans la Constitution, la réalité est très restrictive et contraignante car la société est organisée selon un islam conservateur. Le gouvernement limite sévèrement la liberté d’expression et d’association. La plupart des chrétiens sont des travailleurs immigrés. Ils se réunissent dans des lieux de culte mis à leur disposition mais beaucoup trop petits. Obtenir de nouveaux lieux de culte est extrêmement difficile. On compte également des chrétiens autochtones d’arrière-plan musulman mais ils n’ont pas le droit de fréquenter ces lieux de culte. Les chrétiens d’arrière-plan musulman sont les plus persécutés, par leur famille et leur entourage. Ils sont discriminés, harcelés, surveillés par la police, intimidés et confrontés à des difficultés juridiques car changer de religion leur est légalement interdit. Le christianisme était présent dès le IVe siècle comme l’atteste une église et un monastère retrouvés lors de fouilles archéologiques. Il a refait son apparition grâce aux protestants en 1903. En 1926 la première église, anglicane, a été construite. Après la découverte du pétrole en 1937, des travailleurs immigrés y ont introduit de nombreuses autres dénominations chrétiennes.

Oman #44

Au sultanat d’Oman, les chrétiens, pour la plupart des expatriés, peuvent pratiquer leur foi mais n’ont pas le droit d’entrer en contact avec les musulmans. Le sultanat d’Oman occupe une position géopolitique stratégique. Le sultan actuel est reconnu pour avoir apporté la sécurité et la stabilité ainsi que des réformes démocratiques. L’islam est religion d’État. Il s’agit d’un islam paisible et tolérant mais la législation du pays est basée sur la charia. La liberté de religion ne peut s’exercer que dans la mesure où elle ne nuit pas aux coutumes du pays ni à la morale publique. À Oman, les chrétiens sont pour la plupart des immigrés catholiques. Les orthodoxes, les indépendants et les protestants sont aussi représentés. Le pays compte également des chrétiens d’arrière-plan musulman. Les expatriés chrétiens bénéficient d’une certaine liberté de culte à condition que leurs activités se déroulent dans les lieux désignés et qu’ils n’entrent pas en contact avec les musulmans. Cependant les lieux désignés sont trop petits pour servir à toutes les dénominations. Toutes les organisations religieuses doivent s’enregistrer officiellement auprès des autorités. Les chrétiens d’arrière-plan musulman subissent des pressions de la part de leur famille et de la société pour renier leur foi. Le christianisme a fait une brève incursion à Oman avec les Portugais en 1507. Il est réapparu en 1889 avec l’arrivée de missionnaires protestants soutenus par l’Église Réformée d’Amérique qui ont ouvert un hôpital dans la capitale. En 1841 l’Église catholique s’est réintroduite dans la région et en 1977, la première église catholique a été construite à Mascate, la capitale.

 

Émirats arabes unis #45

Les chrétiens étrangers peuvent pratiquer leur foi en privé. Les chrétiens émiratis, quant à eux, doivent le faire dans le plus grand secret. Constitués de 7 émirats, c’est une nation riche et développée dont 80% des habitants sont des travailleurs expatriés. Les décisions politiques reposent sur les émirs, sans consultation du peuple. La liberté de religion, d’expression et d’association est sévèrement limitée, quitter l’islam est puni de mort. Il n’y a aucune place pour un parti politique. Le gouvernement contrôle et surveille étroitement les citoyens. Ce sont les travailleurs immigrés venus d’Asie, d’Afrique et d’Occident qui constituent en grande partie l’Église. La société est relativement tolérante envers les chrétiens étrangers qui sont libres de se réunir dans des lieux de cultes ou les uns chez les autres, cependant le gouvernement limite leur liberté d’expression et aucune célébration ne peut être faite publiquement. Les chrétiens d’arrière-plan musulman subissent quant à eux une terrible pression de la part de leur famille et de la société. Ils sont obligés de pratiquer leur foi dans le secret le plus total. Selon des fouilles archéologiques, le christianisme était répandu dans la région du Golfe avant l’arrivée de l’islam. Il y a refait son apparition au XIXe siècle quand des missionnaires catholiques occidentaux sont venus y construire des hôpitaux. Les protestants sont arrivés dans le pays en 1890.

Territoires Palestiniens #49
Dans les territoires palestiniens, les chrétiens d’arrière-plan musulman ont du mal à intégrer les communautés chrétiennes existantes et à faire valoir leur droit au quotidien. Les territoires palestiniens sont dirigés par l’Autorité palestinienne depuis 1993. Les habitants souffrent de la guerre fratricide que se livrent le Hamas et le Fatah d’une part et des violences qui éclatent régulièrement avec Israël d’autre part. Dans ce contexte, les Droits de l’Homme sont souvent bafoués. La plupart des chrétiens locaux sont orthodoxes grecs ou catholiques romains. On compte aussi plusieurs dénominations protestantes. Il existe une toute petite communauté de chrétiens d’arrière-plan musulman. Ce sont les chrétiens d’arrière-plan musulman qui sont les plus persécutés, notamment par leur famille et la société. Ils ont en outre du mal à faire partie des communautés chrétiennes existantes. Dès le début de l’ère chrétienne, des Juifs croyant en Jésus et des chrétiens venus s’installer en « terre sainte » vivaient dans cette région. Au VIIe siècle, les Arabes ont conquis ces territoires et imposé l’islam jusqu›aux croisades. Au XIXe siècle, des orthodoxes, des catholiques et des protestants se sont installés dans la région, où seuls les franciscains étaient restés après les croisades.

Azerbaïdjan #50

Les chrétiens azéris sont très surveillés par le gouvernement qui n’hésite pas à avoir recours à l’intimidation pour contrer toute forme d’opposition. L’Azerbaïdjan a une Constitution et un Parlement mais en réalité, tous les pouvoirs sont concentrés dans les mains du président Aliev, réélu en avril 2018 pour un quatrième mandat. Le gouvernement fait de son mieux pour présenter une image positive du pays mais en réalité toute forme d’opposition politique, sociale ou religieuse est très étroitement surveillée. Les arrestations et les passages à tabac sont monnaie courante. La grande majorité des chrétiens font partie des minorités ethniques et sont affiliés aux églises historiques comme les orthodoxes russes ou les arméniens apostoliques. Depuis l’indépendance du pays, il existe une Église azérie composée de chrétiens d’arrière-plan musulman, lesquels fréquentent pour la plupart des églises indépendantes. Le gouvernement surveille étroitement l’activité des groupes religieux, à tel point que les chrétiens doivent redoubler de prudence. Les chrétiens d’arrière-plan musulman sont les plus persécutés à la fois par leur famille et par l’État, par leurs amis et la communauté. Le christianisme est arrivé dans la région au Ier siècle. Au IVe siècle, il est devenu religion d’État. Au XVIe siècle, l’islam est devenu religion d’État à sa place. En 1804, le christianisme est revenu avec l’occupation russe.

Source : https://www.portesouvertes.fr/persecution-des-chretiens 

 

Pour en savoir plus sur les Chrétiens d'Orient, vous pouvez visiter Wikipédia

 
Les minorités d'Orient 
 

Langues, ethnies, cultures, religions

 

Le Moyen-Orient compliqué brasse une extrême diversité. Il forme une mosaïque de populations et de communautés que les soubresauts de l'Histoire ont réunies contre leur gré ou séparées. La situation qui prévaut actuellement au Moyen-Orient, où la guerre fait rage en de multiples endroits, entraîne nombre de massacres et de déplacements de population, notamment des minorités religieuses. La question de leur avenir ou de leur survie constitue un enjeu primordial à la fois pour la région mais également pour le reste du monde qui n’en est pas toujours conscient, tant il est vrai que ces minorités sont de longue date dépositaires d’une partie de la mémoire de l’Humanité. Outre les Chrétiens d’Orient et les Druzes, ces minorités sont aussi les Yézidis, la minorité juive d’Iran, les Baha’is, les Alaouites, les Ismaéliens, les Turkmènes.  Les groupes religieux qui ne sont pas rattachés aux religions du Livre sont très peu nombreux : zoroastriens et bahaïs en Iran. En Irak, les yézidis sont les adeptes d'une religion syncrétique empruntant des éléments du zoroastrisme, du christianisme et de l'islam. 

Les tracés frontaliers, contestés, ont souvent été imposés par des puissances étrangères ou des arbitrages internationaux. Ils ignorent la réalité humaine ethnique ou religieuse. Des communautés peuvent être rassemblées contre leur gré à l'intérieur d'une même frontière ou bien au contraire être séparées entre plusieurs États. Les situations sont donc très diverses et la gestion du fait minoritaire peut se révéler redoutable. Les situations rencontrées sont assez diverses. Le fait minoritaire religieux peut s'observer dans des États à forte cohérence linguistique. Tel est le cas de l’Égypte, qui abrite une importante minorité chrétienne copte.  La péninsule Arabique arabophone et sunnite compte, elle, par contre des minorités relevant du chiisme sur tout le pourtour du Golfe et de la mer d'Oman (Royaume d'Arabie et Émirats).  Le Croissant fertile est en réalité une mosaïque de minorités chrétiennes, chiites, druzes. Le Liban de 5 millions d'habitants reconnaît 17 communautés ! Partout ailleurs, la situation est encore plus complexe avec une diversité à la fois religieuse et linguistique (Irak, Turquie, Iran). 

Les Yézidis

Qui sont les yézidis, cible des djihadistes en Irak ?

Cette communauté monothéiste, qui compte entre 100 000 et 600 000 personnes, est persécutée de longue date. Ils font partie des populations les plus anciennes de la Mésopotamie, où leur croyance est apparue il y a plus de quatre mille ans. Leur principal lieu de culte est Lalech, dans le Kurdistan irakien, mais plusieurs milliers de yézidis habitent en Syrie, en Turquie, en Arménie et en Géorgie. On compte d'importantes communautés en Europe, particulièrement en Allemagne, où vivent 40 000 yézidisC'est l'une des cibles des djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak :  la communauté kurdophone des yézidis. Avec la prise de leur bastion,  Sinjar, 35 000 yézidis ont dû fuir dans les montagnes, sans eau ni nourriture,  sous une chaleur pouvant atteindre les 50 °C. Les Yézidis (parfois Yézides), Yazidis ou Édizis (ils se nomment eux-mêmes Dasni), de langue kurde (le kurmanji), qui vivent au nord de Mossoul en Irak, à Alep en Syrie, en Turquie, en Iran, en Arménie, en Géorgie et au sud de la Russie, ont conservé une religion syncrétiste, appelée yézidisme, qui intègre des éléments du paganisme chamanique, du mazdéisme, du zoroastrisme, du mithraïsme, du manichéisme, du judaïsme, du nestorianisme et de l'islam. Selon certains, leur nom renverrait au calife Yazid Ier (Abû Khalid Yazid ben Muawiya, mort le 11 novembre 683) qui réprima la révolte des partisans d'Ali et tua Husayn, le petit-fils du Prophète Mahomet, à Kerbela, le 10 octobre 680 ; pour d'autres, le mot yazidi proviendrait du proto-iranien yazatah qui signifie ange ou être suprême'autres, les membres de cette communauté sont persécutés depuis longtemps.

Quelles sont leurs croyances ?

"Les yézidis ont enrichi leur religion par des apports coraniques et bibliques pour se camoufler des musulmans et des chrétiens afin de ne pas trop se faire remarquer", indique Frédéric Pichon, chercheur et spécialiste du Proche-Orient à l'université François-Rabelais de Tours. Le yézidisme est une religion monothéiste qui puise une partie de ses croyances dans le zoroastrisme, la religion de la Perse antique. Leur culte et leurs rituels se transmettent oralement, c'est pourquoi on ne devient pas yézidi, on naît yézidi. Les fidèles de cette religion croient en un dieu unique, Xwede, qui fut assisté par sept anges lorsqu'il créa le monde, dont le plus important est Malek Taous, souvent représenté par un paon, symbole de diversité, de beauté et de pouvoir. Comme pour les musulmans et les chrétiens, le bien et le mal occupent une place importante chez les yézidis. Présents dans le cœur des hommes, il ne tient qu'à eux de faire le bon choix.

Pourquoi sont-ils persécutés ?

Si les yézidis sont persécutés depuis la nuit des temps, c'est parce que les autres religions, que ce soit l'islam ou le christianisme, ont une interprétation erronée de leur culte. "En Irak et en Syrie, on les a pris pour des adorateurs du diable parce qu'ils ont fait une espèce de bricolage entre les deux religions du Livre", précise Frédéric Pichon. L'archange Malek Taous a ainsi faussement été pris pour le diable par les musulmans. Certaines pratiques et restrictions des yézidis peuvent paraître farfelues. Par exemple, les yézidis ne peuvent manger de laitue ou porter des vêtements bleus. Ces pratiques ont contribué à créer une forme de mépris chez leurs voisins musulmans. "Les yézidis sont des adorateurs du feu, ce qui les fait apparaître comme des païens aux yeux des Syriens, complète Frédéric Pichon. L'islam n'a pas de considération pour cette religion."

À PROPOS >

« Marin sois fidèle à tes frères,

car tu as promis naguère

de servir et protéger. »

Une navigation exceptionnelle,

des ports magiques,

une cause.

CONTACT >

« La Route du Liban »

C/O Jean-Marie Vidal

521 rue de Jausserand 34000 Montpellier

T: 06 20 21 26 09

E: contact@larouteduliban.com

  • Facebook Social Icon
  • Twitter Social Icon
  • Instagram Social Icon
  • Icône sociale YouTube