Le petit lexique de la Route du Liban de Frédéric Blua

« D’abord une aventure maritime : 1700 Nq, 31 voiliers, 7 pays touchés, 3 semaines de mer… Moins impressionnant sans doute qu’une circumnavigation mais bien plus riche que les classiques transats ou habituelles régates.


EXCITATION. Voyager c’est partir. Rassemblement joyeux et coloré à Marseille, nous faisons connaissance les uns avec les autres et les trois navires tropéziens se retrouvent avec plaisir. Les conversations s’animent, les chants montent dans le soir, on s’interpelle dans la fièvre du départ puis c’est l’appareillage - après la messe à saint Victor et la bénédiction de chacun des navires parce que nous ne sommes pas des touristes – bannières et guidons au vent. Celui de la SNST flottera tout le voyage !


CURIOSITÉ. Voyager c’est découvrir de nouveaux endroits, aux sonorités inhabituelles, parfois mythiques : l’île Vulcano dans les Eoliennes, Methoni et sa forteresse vénitenne, le cap Matapan… Chaque marin enrichit sa carte personnelle.


REACTIVITÉ. Voyager c’est faire face aux imprévus de toute expédition maritime : alternateur en panne, avarie de barre, drisse de GV coincée, radio HS… Habile et agile, le marin doit savoir réparer ou dénicher la pièce à changer au fond d’un improbable atelier dans un petit port loin de tout réseau. Si la qualité de la préparation en amont – s’assurer des compétences de chacun, planifier la route, organiser les procédures, évaluer les escales – est toujours déterminante, alors un petit supplément de chance viendra la compléter. Mais aussi une aventure humaine: 130 équipiers aux profils différents, cohabitant pour l’expédition et ses promesses épiques, chacun venu chercher confusément quelque chose qui n’appartient qu’à lui.

RUSTICITÉ. On se rend compte qu’un voilier, même grand, reste petit, et même bien équipé, demeure rustique, surtout durant trois semaines. Exiguïté des postes, cuisine à la gîte, lessive dans un seau : on se détache de l’exigence de confort de la vie moderne pour (ré)apprendre les contraintes de la collectivité.


CAMARADERIE. La promiscuité, à bord comme en escale, pousse à aller vers le voisin. De cabine ou de ponton, on se découvre des amitiés nées de la proximité.


PLÉNITUDE. Sans esprit de compétition, une telle traversée en haute mer n’est finalement qu’un long moment de calme, à l’horizon immuable et pourtant jamais vraiment le même selon la latitude. Isolement et lenteur poussent à l’introspection et à la sérénité. Une aventure politique enfin, où l’humanitaire rejoint l’histoire : le Liban, typique de l’Orient complexe, où l’opulence voisine avec la précarité, à l’accueil partout exubérant, à bien des égards si proche de nous mais aussi si particulier.

GÉNEROSITÉ. Accueil « à la libanaise » : réception raffinée au CNTL qui héberge notre escadre, banquet grandiose offert par la mairie de Jounieh, excursions remarquables de la vieille ville de Byblos (!) aux ruines grandioses de Baalbek en passant par les majestueux cèdres de Bcharré, nos hôtes nous ont éblouis par leur hospitalité chaleureuse qui reflétait leur plaisir de nous recevoir.


CONSIDÉRATION. Rien de ce qui concerne la France n’est anodin au Liban, et notre modeste opération a connu un écho jusqu’au sommet de l’État, une délégation étant reçue par S.E le président de la République, excusez du peu !


SPIRITUALITÉ. En Orient, la vie ne se conçoit pas sans la foi, laquelle imprègne le quotidien. Embarqués sous la bannière du soutien aux minorités, notre séjour fut rythmé par des étapes exceptionnelles parmi lesquelles l’église ND de la mer à Batroun, la visite du couvent abritant la relique de saint Maron et le sanctuaire de saint Rafqa, la messe célébrée à notre intention à ND du Liban à Harissa, et comme point d’orgue enfin, et en écho à la présidence, l’audience accordée par S.B le patriarche maronite, plus haute autorité religieuse du pays. Sans doute pas un vrai pèlerinage, mais de quoi conduire à une prise de conscience chez plus d’un d’entre nous.


ÉMOTION. Quelques cartons de fournitures scolaires et une aide matérielle plutôt conséquente mais bien modeste en vérité au regard des besoins, contrastent avec la chaleur du petit déjeuner partagé simplement à la « table de saint Jean le miséricordieux »avec les déplacés accueillis par une des ONG que nous soutenons. Souvenir marquant pour nous tous que ce joyeux brouhaha d’enfants et certitude, si besoin était, que nous sommes dans le vrai en apportant notre appui à une juste cause. Voyage protéiforme, « La route du Liban » marquera assurément ses équipages et les confortera dans la certitude du caractère finalement universel des valeurs du monde de la mer : la cohésion et l’entraide pour arriver à bon port. »




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À PROPOS >

« Marin sois fidèle à tes frères,

car tu as promis naguère

de servir et protéger. »

Une navigation exceptionnelle,

des ports magiques,

une cause.

CONTACT >

« La Route du Liban »

C/O Jean-Marie Vidal

521 rue de Jausserand 34000 Montpellier

T: 06 20 21 26 09

E: contact@larouteduliban.com

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