Lettre aux enfants


Cher enfant,


C’est à toi que je dédie ces quelques mots. Je te dis MERCI. Merci car sans toi, sans tes arc-en-ciels, sans tes sourires, sans tes petits mots si gentils, sans tes mains tendues, sans tes globes terrestres, sans tes licornes, sans tes terrains de football, sans tes bateaux, sans tes maisons, sans tes couleurs si belles, sans tes cœurs et - surtout - sans TON cœur, le projet “Un dessin pour un enfant du Moyen-Orient” n’aurait jamais vu le jour.


Je te remercie car c’est grâce à toi et à tes œuvres que j’ai pu faire la connaissance de tes camarades du Liban. J’en ai rencontré plus de 700, aux quatre coins du pays. Sache que tu es à l’origine de nombreux sourires, de rires, de chants et même de danses !


Voici donc l’exceptionnelle histoire des dessins. Tu connais le début : tu en es l’auteur ! Tout commence par toi et ton dessin. Il est ensuite passé entre les mains de ton maître ou de ta maîtresse, de tes parents, de ton papy ou de ta mamie, du facteur parfois et enfin, je l’ai reçu. Je l’ai regardé, je l’ai aimé, j’ai même pleuré parfois en voyant ta grande gentillesse. Je l’ai mis de côté jusqu’au grand départ à Marseille. J’y ai retrouvé mes coéquipiers, sauté à bord du bateau CRAC-JUMP et hop ! j’ai rangé tout de suite ton dessin dans les équipées (sans “i” cette fois-ci - c’est un peu comme une étagère), bien au sec dans la cabine de mon skipper. Nous sommes alors partis, ton message et moi, le dimanche 16 juin 2019, vers le Liban. 3 semaines et demi plus tard nous arrivions ! Mais dis-toi bien qu’entre temps, nous en avons vu, des pays ! D’abord, la Corse, à Bonifacio - je sais, je sais, c’est encore la France. Il faut partir en douceur. Ton dessin a bien supporté la première traversée. Moi un peu moins au début mais ensuite je me suis habituée. Il faut dire que j’étais vraiment heureuse d’être la messagère de ta superbe lettre colorée. La Route du Liban a alors continué son chemin méditerranéen. Nous sommes allés en Italie (plus exactement en Sicile, à Lipari), puis en Grèce à Kalamata, en Crète (c'est aussi en Grèce) - à Agios Nikolaos et sur l’île de Chypre (à Limassol).


Heureusement qu’il y avait les escales ! D’abord parce qu’une bonne douche, c’est quand même extraordinaire (tu apprécierais vraiment la tienne toi aussi, je te l’assure !). Et aussi parce que j’avais du réseau pour appeler et écrire à toutes les personnes qu’on avait pu me recommander à droite et à gauche pour rencontrer les enfants du Liban. Et bien oui vois-tu, avant de partir, je ne savais pas combien de dessins je recevrais. Alors plus de 1000, penses-tu que ça en fait un sacré paquet à distribuer ! Permets-moi d’ailleurs de remercier chaleureusement mon ami le général Alain Pellegrini qui a séjourné longtemps au Liban et Tala Klat, une libanaise du milieu associatif, car sans eux, je ne sais pas si ton dessin aurait trouvé son destinataire !


C’est alors que le 10 juillet, comme convenu, la terre du Liban fut en vue depuis notre bateau. Nous étions enfin arrivés à Jounieh, juste à côté de Beyrouth la capitale du Liban. Quel bonheur !


Il s’agissait donc de prendre la route, terrestre cette fois-ci, avec mon ami de chaque jour Bob que je remercie aussi. En effet, il était tout : mon photographe, mon soutien, mon conseiller et même mon mécène car il a financé tout le voyage en voiture vers les différents points de rencontre. Notre chauffeur Elias était un pilote hors pair ! Il connaissait sa voiture au millimètre près et au Liban, ce n’est pas du luxe ! Nous sommes passés par la montagne, nous avons vu la Syrie à quelques mètres, les routes étaient si étroites et le précipice parfois si proche qu’il valait mieux ne pas regarder. D’immenses rochers éboulés jalonnaient parfois notre parcours. Alors tu penses bien qu’avoir Elias avec nous, c’était fabuleux.


Ton dessin, mon cher, est alors arrivé entre les mains d’un enfant du Liban, comme nous l’avions décidé ensemble, toi et moi, sans se le dire, quand tu as décidé de me l’envoyer. C’est dans deux camps de réfugiés de Tel Abbas Al Gharbi au nord de Tripoli que nous avons commencé les distributions, grâce à une organisation qui s’appelle “Mishwar” (qui signifie le voyage ou la route). Nous avons ensuite continué notre périple jusqu’à Wadi Khaled-Rejem Houssein. Nous y avons rencontré des enfants qui suivent des sessions de renforcement et de soutien scolaire durant l'été grâce à l’association “Success and Happiness”. Ils étaient tellement contents de nous parler français car justement ils apprennent notre langue et c’était la première fois qu’ils pouvaient faire un exercice grandeur nature ! Nous avons terminé notre parcours au Nord en faisant la connaissance des enfants de Fnaydek qui étaient rassemblés dans une cour par l’organisation “Zahrat Al Ajyal”. C’était extraordinaire, j’aurais aimé que tu voies ça ! Quand nous sommes arrivés, tous les enfants s’étaient mis en rond et ils chantaient pour nous montrer leur joie de nous voir ! Ils nous avaient attendus plus d’une heure à cause de la route chaotique que nous avions dû prendre ! Leurs sourires étaient indescriptibles. Leur joie était telle que cela nous a valu un sacré épisode ! A notre départ, ils nous ont suivi et tout un groupe a tapé sur le coffre de la voiture d’Elias. Tu aurais vu sa tête... Moi j’étais tellement remplie du bonheur des enfants, que je riais, je riais ! Tu penses bien qu’Elias, lui, n’était pas très content… La journée terminée, nous sommes repartis vers Jounieh.


Notre périple a continué vers le Sud, à Saida. Là-bas, nous avons rencontré Sara Bitar, l’animatrice de l’association Abna’ Saida El Balad et les enfants de la vieille-ville, qui est parfois en proie à l’insécurité. Ils étaient déjà là et ils dessinaient ! Ils savaient que nous arrivions pour leur apporter des dessins alors ils ont voulu en faire autant et en offrir à leur tour. C’était un très beau geste. Que de sourires encore, que de joie ! Nous avons pris beaucoup de photos ensemble. Ils étaient heureux que des français leur rendent visite, qui plus est avec un si beau message de paix et d’amour à partager ! Nous avons dû les quitter pour rencontrer des enfants réfugiés palestiniens grâce une autre association (Tadamon El Mar’ Al Arabiya), toujours à Saida mais dans un autre quartier. Ils étaient si bien organisés et si sages ! Les garçons dans une salle, les filles dans l’autre. Eux aussi nous avaient préparé des œuvres d’art ! Souvent des oiseaux ou des fleurs. Ils étaient touchés par ton amitié. Ils ont souvent voulu te dire qu’eux aussi, ils t’aimaient.


Le dernier jour de notre mission de distribution, nous sommes allés dans la vallée de la Bekaa. Un chauffeur de Nabad for Development nous attendait à notre hôtel. Après un arrêt au siège de l'association pour y rencontrer l'équipe, nous avons changé de voiture et sommes allés dans un camp de réfugiés aidé par l'ONG. Nous avons fait la connaissance d'enfants merveilleux. Ils sont arrivés dans la petite salle servant aux sessions d'éducation, au fur et à mesure, certains avaient même fait l'effort de venir habillés aux couleurs de Nabad for Development. Nous avons beaucoup parlé et ils m'ont posé de nombreuses questions : "C'est comment la France ?", "Qu'est-ce que les enfants français ont le plus dessiné ?". Nous avons même fait un jeu tous ensemble. Un vrai moment de bonheur ! J'ai enfin distribué les dessins. Les enfants étaient tous en rond sur le tapis. Le bout de chou à qui j'ai offert le premier message m'a tellement émue ! A peine la feuille entre ses mains, il l'a serrée contre son cœur et il fermait les yeux. Sa joie était sincère et visible.


Tu sais, j’ai beaucoup prié pour que ton dessin aille entre les mains de l’enfant à qui il était destiné, afin que ton message l’édifie, l’encourage et le soutienne pendant les moments difficiles. Certains de tes mots s’adressaient à des petits qui avaient perdu leurs parents ou leur famille. Il fallait que cela soit vraiment le cas pour leur destinataire. C’est alors qu’à Zahlé, grâce à Joe Karam, mon cher ami de longue date et Nacif Tini, que je remercie, j’ai eu la chance de rencontrer Sœur Virginie ou plutôt “Maman Virginie” comme tous les enfants de sa “maison” l’appellent. C’est à la Maison Notre Dame Des Dons Pour l'Enfant Heureux que nous avons passé deux heures fabuleuses et même partagé un repas. Sœur Virginie nous a d’abord fait visiter toute la grande bâtisse où elle accueille ses enfants. C’est LEUR maison. Ils y grandissent, y dorment, y mangent, y font leurs leçons, comme toi avec tes parents. J’ai sincèrement été impressionnée par la douceur de Sœur Virginie et son impeccable éducation. Tout était parfait. J’aimerais vraiment que tout le monde puisse voir cela. En attendant, j’ai déposé entre les mains de cette grande Maman de cœur les œuvres destinées à ses bouts de chou.


Pour finir, j’ai rencontré le responsable de l’antenne libanaise de Portes Ouvertes. Les dessins qui lui ont été remis seront distribués en Syrie, à des chrétiens qui vivent dans des conditions difficiles. Je suis certaine qu’eux aussi, verront la puissance de ton extraordinaire message.


Vois-tu ce que tu as créé dans le cœur de ces enfants ? Encore merci mon cher, pour ta gentillesse, ton soutien et ton amitié. Garde cela en toi pour toujours.


Je t’embrasse


Clémence



http://mishwar.org/

http://success-happiness.org/home

http://www.nabadlb.org/

https://www.notredamedesdons.org/#!la-maison

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