Une chanson, plus qu'une chanson !

Mis à jour : 4 juin 2019

"J'ai appris au Liban la fraternité et la tolérance. Je sais que le Liban, depuis des millénaires, a été un abri pour les persécutés du monde entier."


Au Liban, pays de son enfance auquel il est resté très fortement attaché, Guy Béart est surtout connu pour sa chanson Liban libre, libre Liban, qu'il avait voulue comme un hymne d'espérance. Créée le 13 mai 1989 sous les bombes, il l'a chantée sur la place des Martyrs, dans les ruines de Dora et même au palais présidentiel de Baabda avec le général Michel Aoun qui y séjournait à l'époque, tandis que les balles des francs-tireurs sifflaient non loin.


« Ma personnalité s'est nourrie des mariages entre les cultures orientale et occidentale. J'éprouve un véritable amour pour ce pays, avait affirmé alors Guy Béart, lors de sa brève et émouvante visite. J'ai vécu ici mes années d'adolescence, et ce sont des années qui comptent dans la formation du corps, du cœur, de l'âme. C'est un pays de Dieu où j'ai appris l'hospitalité. Plus tard, quand j'ai créé l'émission télévisée Bienvenue (1966-1972), c'était à l'image du Liban : l'hospitalité pour les artistes et inconnus de tous bords, toutes couleurs et tous genres. J'ai appris au Liban la fraternité et la tolérance. Je sais que le Liban, depuis des millénaires, a été un abri pour les persécutés du monde entier."


« Liban libre ! »

Liban libre libre Liban

Enfants libres libres enfants

Et tous les martyrs Chrétiens Musulmans

Avant de partir ont crié ce chant

Liban libre libre Liban

Enfants libres libres enfants

Toi qui nous montras tant d'humanité

Qui ouvris les bras aux déshérités

Liban libre libre Liban


Si ton rivage fraternel

A Dieu ne plaise allait mourir

Je ne crois pas que l'arc-en-ciel

Sur Terre pourra revenir

Pour qu'un beau jour le monde entier

Ne vive pas dans la terreur

Je ne dois jamais oublier

Le petit Liban au grand cœur

Qui offrit l'hospitalité

A tous les peuples poursuivis

De l'eau vive aux persécutés

De la vie


Liban libre libre Liban

Enfants libres libres enfants

Libre sur la mer libre sur les routes

Dans les cœurs ouverts et libre à Beyrouth

Liban libre Libre Liban


Ah ya Loubnane ya salame ya zamane


Liban libre libre Liban

Enfants libres libres enfants

Tes montagnes pures on les a salies

Avec les blessures de l'argent folie

Liban libre libre Liban


Avec la drogue avec les armes

Au lieu des fruits de tes vallées

On fait de l'or on fait des larmes

On fait du sang avec du lait

On s'est même payé la corde

La corde pour être pendu

Payé pour la miséricorde

Et payé pour être vendu

Payé pour devenir esclave

Payé pour être massacré

Payé pour vivre dans les caves

Enterré


Liban libre libre Liban

Ton chant vivre vibre ton chant

Vibre dans nos cœurs vibre dans nos corps

Pour que le bonheur nous survive encore

Liban libre libre Liban


Ah ya Loubnane ya salame ya zamane


Que tous tes enfants avec l'harmonie

Du ciel et du temps retrouvent leur nid

Liban libre libre Liban


Levons le vert de l'espérance

Le vert du cèdre du Liban

Le blanc du lait de la naissance

Le rouge du sang des vivants

Levons le verre de l'espérance

Ensemble partout mieux qu'avant

Réunis pour la renaissance

Du monde en paix pour les enfants

Liban libre libre Liban


Ah ya Loubnane ya salame ya zamane


C'est l'histoire d'une chanson pas comme les autres

Elle est née le 13 mai 1989 sous les bombes, au cœur du massacre d'un peuple qui se lève pour sa liberté.

Dans le fracas et le tourbillon de la mort, un homme mystérieux, venu de loin. Son énergie chaleureuse, émue, joyeuse fait des miracles. Il crée la vie, l'espérance et surtout le courage de continuer. Des enfants l'entourent. lis suivent ses paroles tout doucement sans connaître le vers suivant. Leurs regards blessés, salis par la guerre sont à nouveau purs, innocents. Ils admirent l'homme qui, avec pour seule arme une guitare, réussit le tour de force de chanter Place des Martyrs puis dans la banlieue d'enfer de Dora.

D'autres, les anciens, ont les yeux embués de larmes mais leurs bouches sourient. Le soir même, Beyrouth tout entier fredonne ses mots simples et vrais. À minuit, une centaine de jeunes Libanais, qui se surnomment aussitôt, avec humour et vérité, « Les Fans du Liban libre », l'accueillent... mais Guy doit repartir. Ses travaux, ses chats, ses arbres, ses enfants, sa vie de tous les jours l'attendent. Sa chanson il l'a semée dans nos cœurs, parmi les herbes sauvages de la Place des Martyrs. Elle se répand comme une traînée de poudre au Liban, et au delà... Déjà quelques coups de téléphone pleuventà Paris : « La chanson de Guy Béart a porté chance au Liban »

En France, la 5 diffuse quelques images que ses reporters ont saisies au vol à Beyrouth. D'autres chaînes de télévision, de radio, diffusent aussi des extraits de la télévision et la cassette enregistrée à Dora sur un matériel de fortune. Alors, la chanson commence à se répandre en France, de façon humaine, artisanale. Le 23 mai, lors de la manifestation de paix devant la Ligue Arabe, la foule reprend les refrains, en chœur. La même émotion populaire recommence le 15 juin à l'Unesco (avec de jeunes chanteuses et chanteurs venus exprès du Liban... dont Alecoo Habib), le 27 juin à Boulogne...

Une deuxième fois, à Paris mais toujours de façon authentique, vraie, naturelle, avec des enfants libanais et franco-libanais de toutes les communautés, Guy enregistre sous le cèdre de son jardin, puis en studio, la chanson qui représente la communion pour la paix de tous les Enfants Libres du monde. Merci, Guy, d'être parmi nous, avec nous et, par le charme, la vérité de ta mélodie, de tes mots, de ton regard, de nous donner, encore et toujours, la force de rester joyeux malgré tout et de survivre.

Roya GHOSSEIN (Association Loubnane des Jeunes pour le Liban)

Jean d'ORMESSON Extrait de sa chronique « Beyrouth est encore vivante »

Au centre de la ville, sur la ligne de démarcation entre Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest, la célèbre place des Canons n'est plus qu'une ruine depuis longtemps. Au milieu de l'herbe qui déjà repousse entre les ruines, Guy Béart, appuyé à la carcasse informe d'une auto bombardée a chanté sa chanson Liban libre, libre Liban

Et tous les martyrs Chrétiens musulmans Avant de partir Ont crié ce chant.

Il l'a chantée encore dans les ruines de Dora. Il était entouré de tout un groupe d'enfants et de jeunes gens qui chantaient avec lui. Et parmi ces jeunes gens, il y avait, je les ai vus et entendus, j'y étais, je leur ai parlé, des musulmans et des chrétiens... Dans ces décors hallucinants de béton écrasé et de ferrailles tordues, tout le monde pleurait. De temps en temps, un coup de feu claquait. Ce n'était rien. Des francs-tireurs. La paix était revenue. Pour combien de temps? Par une ironique hypocrisie, le cessez-le-feu était terrestre. C'est-à-dire que le blocus qui prive de ravitaillement et d'essence et de toutes les ressources les plus élémentaires une population civile d'un courage exemplaire, continuait de plus belle. Au milieu des ruines où elle chantait, elle aussi', une jeune fille me disait : « Il ne faut pas trop nous salir: nous n'avons pas d'eau pour nous laver. ». Au matin même de ce jour de paix, nous avons appris la mort d'une famille de dix personnes...

Jean d'ORMESSON Extrait de sa chronique « Beyrouth est encore vivante » (Figaro Magazine du 27 mai 1989)


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